Date de publication :

Commentaires sur le séminaire du CPR qui s'est tenu à Milan le 26 octobre 2016. En mettant en avant les actions du CPR visant à investir des efforts et des ressources dans le développement d'une culture durable de règlement alternatif des différends (RAD) en entreprise, le séminaire milanais a, à mon avis, permis aux participants d'échanger et d'approfondir les différences entre le contentieux, l'arbitrage et la médiation. Franchement, il me semble assez surprenant que la plupart des juristes d'entreprise privilégient l'arbitrage et la médiation, malgré l'existence de cette dernière. Comme l'ont souligné les discussions, les juristes d'entreprise doivent composer avec les contraintes budgétaires des entreprises et la nécessité d'éviter l'incertitude à long terme engendrée par les affaires pendantes devant les tribunaux (pendant de nombreuses années) et les arbitres (pendant au moins un an et demi). D'un autre point de vue, on pourrait dire que le résultat d'un litige ou d'un arbitrage, le jugement ou la sentence arbitrale, en somme la justice, n'est pas adapté aux besoins des entreprises et va à l'encontre de leurs attentes. La médiation, lorsqu'elle est menée correctement et efficacement, présente l'avantage considérable de répondre aux besoins des entreprises, car elle fonde ses résultats sur les intérêts et non sur les droits. De plus, ce que recherche une entreprise, selon les juristes d'entreprise (et ils ont raison de le souligner), c'est de satisfaire autant que possible les attentes liées à une transaction qui, initialement prometteuse, s'est transformée en une situation complexe. Ceci, sans oublier le point essentiel en termes de résultats concrets : un accord de médiation doit être exécuté par les parties, et un jugement ou une sentence arbitrale doit être exécutoire contre les parties, souvent établies à l'étranger. Par ailleurs, et c'est un autre point important soulevé par l'auditoire : à l'issue de la médiation, même en cas d'échec, les avocats bénéficient d'une meilleure préparation de leur dossier. Pourtant, la médiation reste encore sous-estimée par les juristes d'entreprise et, d'après notre expérience, par toutes les parties. Ceci nous ramène à deux points : (a) comme évoqué précédemment, la nécessité d’une médiation menée correctement et efficacement et, idéalement, (b) au discours clair d’un intervenant concernant la médiation obligatoire en Italie : une médiation est inefficace si les parties/avocats et le médiateur ne remplissent pas pleinement leur rôle. D’une part, les parties/avocats doivent aborder la médiation avec la volonté de trouver une solution d’intérêt commun : cela implique d’agir comme lors d’une négociation, mais sous la supervision d’un tiers. D’autre part, le médiateur doit guider les parties vers un objectif commun, qui est le sien : cela passe par un examen approfondi des rôles et positions opposés dans le conflit, et par la tâche ardue de synthétiser les points litigieux et d’aller au-delà. L'objectif commun est de parvenir à une proposition durable pour toutes les parties concernées, (a) conformément à leurs attentes raisonnables et de bonne foi, (b) compte tenu de toutes les circonstances pertinentes et (c) en tenant compte de leurs droits, c'est-à-dire du résultat possible d'un jugement/d'une sentence – y compris en termes de difficultés d'exécution – à titre d'avertissement ou, en d'autres termes, comme conséquence d'un éventuel échec de la tentative de médiation. Cela requiert une autorité incontestable, qui est peut-être le point clé de toute cette discussion. Nicolino Gentile, BLB Studio Legale, Milan. Liens : www.cpradr.org www.camera-arbitrale.it http://www.camera-arbitrale.it/it/news/Developing+a+sustainable+corporate+ADR+culture.php?id=678 www.blblex.it Partager





